D É R I V E

par   Anne-Marie JEANJEAN    auteur de poésie  sonore,  poésie  visuelle
                                                                                  
        J'ai pu voir récemment deux vidéos à « La Baignoire » pendant le festival «KLANG»  à Montpellier, juin 2015.
        Une nature luxuriante plein écran nous émerveille, et parfois l'écran coupé obturé, assombri, nous place en observateur d'une scène banale à travers un     
;;;;;;;« soupirail ».    
        Parfois des silhouettes avancent, disparaissent, réapparaissent très provisoirement... qui me remettent en mémoire les poèmes de Toge Senkichi...

        Nous sommes projetés entre effroi, stupéfaction et beauté...
        Inès Wickmann pointe tout en force, en une violence délicate ce vers quoi l'humanité semble bien aller...



L '  A I L LE U R S   T O U J O U R S
                                             
    Première image : une femme (vue d'en haut), avance. La souplesse de sa marche, à peine dansante, intrigue car elle est toute entière dans le rythme qui lui est
;;;;propre,
    dans une belle démarche déliée. Et rien ne semble - ni les marches de la « calle sin salida », ni les panneaux indicateurs muets, ni les paysages changeants- ;;;;altérer,
    arrêter la tranquillité mouvante et ferme de son pas.
                                           Plus tard, plusieurs autres ... jupe blanche ou jupe noire, corsage blanc ou corsage noir, chapeau blanc ou chapeau noir, avec toutes le même grand sac blanc
ou                                       ou noir... lui emboîtent le pas selon une sorte de diagonale.
  
................................... ....Inès Wickmann travaille chaque « image » de manière très précise ; son grand atout :  ne pas avoir besoin des mots... ou si peu ! De plus, la musique de      Francis                                 Francis Dhomont est dans une telle symbiose avec les images que l'ensemble déclenche ainsi une cascade de questions/réflexions, troublant efficacement la 
                                           sensibilité de chacun
ddevant la gravité des thèmes effleurés dans l'exigence esthétique sans faille des deux créateurs.... Quel rare et beau moment !
 
 


P A S S A G E S

par  André GACHE     poète
Maison Jean Vilar, Avignon oct-nov. 2010
 
                                                                            M o n a d i s m e
             
                 L’homme marche dans la foule nombreuse marche seul
                 marchent et marchent infiniment
                 homme dans foule seule marche seulement son ombre avec lui
                 seule à avancer sur mur endigue foule de solitaires
             
............................... .nombreux marche pour avancer dans solitude peuplée
             
................................ l’homme reste autrement seule la rue peuplée d’hommes
                                               marchent avec d’autres sans jamais s’arrêter êtres seuls
                                               courir après ombre du souvenir qu’oubli fait grandir
                                               en grand nombre tous marchent définitivement seule
                                               marche fait avance ombre du souvenir contre oubli
                                               sur mur contient monde dans rue faite pour avancer
                                               homme vers son ombre qu’il partage lui tout seul